À LA UNE -
Marion Prost
21 septembre 2026
Avec « Une heure à soi », Adèle van Reeth donne envie de prendre du temps pour soi. J’en ai profité pour me découvrir un talent littéraire rétrospectif. C’est très prometteur, forcément.
J’ai du temps dimanche, mais gardez-le pour vous, je connais des gens qui déjeunent. Des gens charmants, d’ailleurs, qui demandent « tu fais quoi » et comprennent « rien » comme une invitation à décider. Il faudrait pouvoir répondre « rien » avec la même autorité que « je pars à Rome ». Personne ne vous demande de décaler Rome pour une salade César. Votre après-midi seule, en revanche, semble parfaitement négociable. Vous lirez plus tard. Vous vous reposerez ce soir. Mais alors, une heure à soi, c’est beaucoup demander à des gens qui vous veulent du bien ?
Adèle van Reeth choisit le monastère pour y remédier. Je comprends l’intérêt pratique : « je pars au monastère » décourage davantage les contre-propositions que « j’aimerais rester chez moi ». Dans son nouveau livre « Une heure à soi », aux Éditions Gallimard, la narratrice s’éloigne du travail, de la famille, des sollicitations, pour éprouver ce temps qu’elle réclame sans bien savoir ce qu’elle en attend. Car une fois les autres prévenus, reste une personne à contenter : soi. Je me connais, je serai capable de me demander dès quinze heures si je profite suffisamment de mon dimanche. Quitte à rester seule, autant que la personne soit agréable.





































